Bèze
La mémoire de la commune
Bèze est une commune française située dans le département de la Côte-d'Or en région Bourgogne-Franche-Comté, à 30 km au nord-est de Dijon. Ses habitants sont appelés les Bèzois. La commune fait partie de l'Association des communes de France aux noms burlesques et chantants.
Au fil de l’histoire
La présence humaine est avérée dès le paléolithique supérieur sur l'un des points culminants de la commune.
Aucune trace archéologique d'occupation celtique n'a été retrouvée à ce jour sur le territoire de la commune, cependant des fouilles d'archéologie préventive ont confirmé leur présence à proximité.
Le déclin de l'Empire Romain attire dans la région des « barbares » venus de Germanie parmi lesquels «les Burgondes », qui ont laissé leur nom à la Bourgogne. Le site de Bèze était probablement habité mais, comme tout l'est Dijonnais, il est dévasté et ruiné lors de ces incursions (alamans, vandales…)
L'Empereur romain Constance Chlore, après avoir battu vers l'an 300 les Alamans venus jusqu'aux portes de Langres, décide d'installer une partie des vaincus des guerres précédentes, les Francs Hattuaires, sur les bords de la Saône, de la Seine, de la Tille, de la Bèze et de la Vingeanne. Le but de cette installation était de repeupler et de cultiver le vaste pays compris entre ces rivières.
L'histoire écrite de Bèze commence à la fondation de l'abbaye dite de Bèze-Fontaine. L'histoire du village et de l'abbaye restent intimement liées pendant plus de mille ans.
En 628, Dagobert Ier devient roi de Bourgogne et de Neustrie à la mort de son père Clotaire II. Conseillé par Saint Éloi, Saint Ouen et Saint Didier, il décide de rétablir l'autorité royale et vient en Bourgogne pour affirmer son pouvoir. Il est surnommé « le bon roi » par le peuple. Mais il charge aussi trois grands seigneurs, les ducs Amalgaire, Arnebert et Willibaud, d’assassiner Brunulfe, l’oncle de son demi-frère Aribert, parce qu'il avait contesté le partage des terres franques entre les deux frères. Une fois rentré à Paris, le roi Dagobert se repend de son acte et pour racheter ses péchés, décide de créer l’abbaye de Saint-Denis. En même temps, il récompense les trois seigneurs qui ont effectué l’assassinat demandé en leur donnant des terres.
C'est ainsi qu'Amalgaire, duc «bénéficiaire» (titre non héréditaire que Courtépée appelle « duc amovible ») de Bourgogne, reçoit entre autres propriétés la terre de Fons Besua. Afin de racheter ses fautes, il y fonde un monastère avec sa femme Aquiline, sous le vocable de saint Pierre et saint Paul, en l’an 616 (suivant Mabillon) ou 630 (suivant le P. Le Cointe). L’un de ses trois fils, Waldalène, est nommé premier abbé de Bèze.
L'abbaye Saint-Pierre de Bèze est la quatrième abbaye mérovingienne créée dans le diocèse de Langres. Dès sa création, elle est dotée de biens considérables. Elle possède et a sous son autorité les villages de Viévigne, Beire, Treige, Spoy, Oisilly, Blagny, Crimolois. Elle a 12 pièces de vignes à Marsannay la Côte et d’autres vignes à Couchey et Beaune. Elle possède également des terres à Dijon, Longvic, Chenôve, Prenois, Daix et un grand vignoble à Gevrey avec serfs et serviteurs. En 655, l’abbaye possède une école monastique.
En 634, Amalgaire dote à nouveau l’abbaye en lui donnant les fiefs de Jancigny, Talmay et des terres à Heuilley-sur-Saône (bois de Chy), Perrigny-sur-l'Ognon et Pontailler-sur-Saône où l’abbaye fait construire une chapelle au vocable de Saint Hippolyte. Ces terres de Talmay et Heuilley restent propriété de l’abbaye jusqu’en 1234, date à laquelle elles sont données par l’évêque de Langres à Guillaume II de Champlitte-Pontailler, malgré l’opposition des moines de Bèze. Se considérant spoliée, l’abbaye recourt à l’arbitrage du pape Innocent IV qui lui donne raison, par écrit, en 1245. Ce qui n’empêche pas Guillaume II de garder ces terres, avec l’accord de l’évêque de Langres.
Sept offices commandaient leur journée et les moines avaient peu de sommeil.
En hiver (de novembre à Pâques), ils se levaient à deux heures du matin pour chanter les nocturnes puis remontaient achever leur nuit. Ils se lavaient au lavoir puis gagnaient leur stalle dans le chœur. Ils avaient deux heures de lecture puis travaillaient 7 heures d’affilée. Ensuite avait lieu le repas suivi de lectures.
En été (de Pâques à novembre) ils travaillaient de 6 heures du matin à 10 heures. Ils avaient ensuite deux heures de lecture et leur repas. Puis ils faisaient une sieste ou de la lecture puis retournaient travailler jusqu’au repas du soir qui avait lieu avant la nuit.
Leur travail consistait à cultiver les champs ou les vignes, entretenir les jardins et les vergers, réparer, construire et aménager les locaux, labourer, moissonner et conduire le bétail aux prés et les pourceaux à la glandée. Ils étaient fermiers, bûcherons, meuniers, boulangers et maçons.
Les origines du nom
Le nom de la localité est attesté sous les formes Besua, Besuense monasterium, Besuus (vers 630) ; Fons Besuae, « monasterium (652) ; Monasterium nuncupatum Fontem Besuam, in pago Attoariorum …, in honore sancti Petri et Pauli… » (658) ; Sanctus Petrus Besuensis (828) ; Fons Besuus (830) ; Sanctus Petrus Besoensis (837) ; Bessua (vers 1103) ; Ecclesia S. Remigii … in burgo Besue (1105) ; Bese (1256) ; Besse (1263) ; Beze (1372) ; Bèze la Fosse (1405) ; Beesze (1422) ; Besze (1517) ; Baize (1644) ; Beize (1674) ; Beyze (1725) ; Baise (1747).
Bèze, attesté en latin sous la forme fons Besua en 652 « source de la Bèze », doit son nom à sa situation près de la source de la rivière éponyme, la Bèze. Bezw signifie en gaélique « rivière à sa source ». Éponyme de la célèbre abbaye mérovingienne qui s'était fixée à sa source et d'un hameau de Bézouotte.
Un patrimoine à découvrir
La commune est un Village fleuri avec deux fleurs.
Les grottes se visitent tous les jours d'avril à novembre, à pied et en barque.
Connue depuis le Moyen Âge dans sa partie initiale, la Grotte de la Crétanne servait de refuge aux moines et aux villageois en cas d'invasion du bourg. La rivière souterraine fut découverte le 16 septembre 1950 par les membres du spéléo club de Dijon.
Le 5 mars 2006, de fortes précipitations de neige se sont abattues dans le département (40 à 50 cm de neige pendant le week-end), ce qui a eu pour effet de faire monter le niveau de la rivière 5 jours plus tard. Le parcours de la Bèze est de 31 kilomètres. Elle se jette dans la Saône près de Vonges. Au début du siècle, la source était jaillissante. Elle formait deux bouillons séparés importants, plus ou moins élevés d'après le débit (pouvant atteindre 2 mètres). À côté de ces deux sorties d’eau se trouvait un troisième petit bouillon. Par suite de l'exploitation de la falaise par les moines comme carrière de pierre (les déblais étaient jetés dans la rivière en contrebas), des dégradations effectuées par les troupes allemandes, de la découverte de la grotte et de la rivière souterraine, de son exploration, et aussi de l’érosion naturelle produite par le passage de l'eau, ces bouillons n'apparaissent plus que lors des périodes de crues.
L'aménagement de la promenade de la source (classée monument historique) remonte à 1846, ses arbres ont plus de 150 ans.
Des vies liées à la commune
Dom François Clément : célèbre moine écrivain qui fut l'auteur de 12 volumes sur l’histoire littéraire de la France et l’Art de vérifier les dates. Il naquit à Bèze le 7 avril 1714.
Félix Adrien Kir, (dit le chanoine Kir), affecté à Bèze en 1910. En 1914, il part en guerre pour rejoindre une unité médicale aux armées. Il quitte Bèze en 1924 car il est nommé à Nolay (Côte-d'Or). Sa mère repose au cimetière de la commune.
Saint Prudent : archidiacre et martyr de Narbonne. Un des événements importants de l’histoire de l’abbaye de Bèze, et peut-être la cause première de sa célébrité, est la possession des reliques de saint Prudent. Les différents miracles imputés à ses reliques ont été relatés par le moine Thibault.
Charles Arnoult, juriste puis député, à l'origine du choix du nom du département de la Côte-d'Or, né à Bèze en 1734, mort en ce même village en 1796.
Le paysage et le village
Bèze se situe dans l'est de la Côte-d'Or, à 30 km au nord-est de Dijon et à 30 km au sud de Langres.


